.I.
Baie d’Eraystor
Principauté d’
Émeraude

Les sceptres d’or croisés au centre de l’étendard vert de l’Église de Dieu du Jour Espéré scintillaient dans le soleil radieux du matin. L’aviso à deux mâts battant ce pavillon raidi par le vent mesurait un peu plus de soixante-dix pieds de long et avait été conçu dans un souci de vitesse plutôt que d’endurance… ou même de stabilité et de tenue de mer. Son équipage de soixante hommes était assez réduit pour une galère, même aussi humble que celle-ci, mais sa coque légère et effilée se prêtait parfaitement à la nage. Ses voiles latines la portaient dans un rapide tourbillon d’écume comme elle fendait les flots étincelants et les moutons dont se parait le passage de trente milles de large séparant l’île de Callie de la côte nord-est de la baie d’Eraystor.

Debout au sommet de sa minuscule dunette, les mains croisées dans le dos, le père Rahss Sawal, capitaine du modeste navire, s’efforçait de paraître sûr de lui en regardant les vouivres et les oiseaux de mer planer dans le ciel d’un bleu aveuglant. Il lui était plus difficile que de raison de cultiver l’image d’assurance –pour ne pas dire d’arrogance seyant au commandant de l’un des avisos de l’Église Mère. Quant à la raison de ce mal-être, elle ne lui plaisait pas beaucoup.

Les messagers du Temple, tant sur terre que sur mer, jouissaient d’une liberté de passage totale avec une priorité absolue. Ils étaient porteurs des ordres et des communications de Dieu, avec toute l’autorité des archanges. Nul mortel n’aurait la témérité de les empêcher de se rendre là où le Tout-Puissant et Son Église les dépêchaient. C’était un fait indiscutable depuis la création et personne n’avait encore osé s’y opposer. Par malheur, Sawal n’était plus du tout certain que l’inviolabilité séculaire des émissaires de l’Église Mère soit encore si respectée.

C’était très inquiétant à bien des égards : d’abord à cause des risques potentiels pour sa mission, mais surtout, à plus long terme, parce que la perte de cette immunité aurait des conséquences inimaginables. La remise en question de l’autorité de l’Église de Dieu entraînerait un châtiment certain pour l’âme des fautifs. Et si d’autres égarés s’avisaient de suivre leur exemple…

Sawal repoussa cette pensée en se disant en se persuadant –que, quelle que soit la folie infectant Charis, Dieu ne lui permettrait jamais de s’étendre au-delà des frontières du royaume. L’autorité universelle de l’Église Mère était le pivot non seulement du monde dans lequel il vivait, mais des desseins de Dieu pour le salut de l’homme. Si jamais cette souveraineté venait à être défiée, si elle se trouvait ébranlée, cela aurait des répercussions terrifiantes. Shan-wei, mère damnée du mal, devait s’en lécher les crocs dans le recoin humide et obscur de l’enfer où l’avait recluse l’archange Langhorne en punition de ses péchés. En ce moment même, elle devait secouer ses barreaux et éprouver la résistance de ses chaînes en se délectant de l’orgueil coupable des pécheurs qui cherchaient à exercer leur propre jugement faillible en lieu et place de celui du Très-Haut. C’était Langhorne lui-même qui avait refermé sur elle cette grille pour l’éternité, mais l’homme était doué du libre arbitre. Il pourrait tourner la clé dans la serrure s’il le voulait, et alors…

Ces foutus Charisiens ! songea-t-il, morose. Ne se rendent-ils pas compte de la nature de ce qu’ils s’apprêtent à libérer ? Ne s’en préoccupent-ils donc pas ? Ne…

Il serra les dents, puis se força à relâcher les épaules avant de prendre une profonde inspiration pour se purifier. Cela n’eut guère d’effet.

Ses instructions, émanant du délégué archiépiscopal Thomys, étaient on ne peut plus claires. Il devait remettre coûte que coûte les missives de son supérieur à l’homologue de ce dernier à Eraystor. Cette expression « coûte que coûte » –n’avait jamais figuré dans ses instructions auparavant. Jusqu’à peu, ç’aurait été inutile, mais dorénavant…

— Holà ! du pont ! fit une voix du haut du nid-de-pie. Holà ! du pont ! Trois voiles par bâbord avant !

 

— Eh bien ! murmura le capitaine de croiseur Paitryk Hywyt de la Marine royale de Charis en scrutant l’horizon à l’aide de sa longue-vue. Voilà qui promet d’être intéressant.

Il baissa son instrument et fronça les sourcils, songeur. Ses ordres étaient parfaitement clairs. Ils l’avaient mis plutôt mal à l’aise quand il les avait découverts, mais ils étaient limpides. Or il se surprenait à avoir hâte d’y obéir. Bizarre… Il n’aurait jamais parié là-dessus.

— C’est un aviso de l’Église, en effet, dit-il un peu plus fort.

À son côté, le lieutenant de vaisseau Zhak Urvyn, officier en second de la Déferlante, goélette de Sa Majesté, manifesta son mécontentement d’un bruit de bouche.

— Cela ne va pas plaire à tous nos hommes, capitaine.

Hywyt lui coula un regard en coin, puis haussa les épaules.

— J’ai le sentiment que l’attitude de nos marins pourrait vous surprendre un peu, lieutenant, lâcha-t-il, narquois. Ils sont plus remontés que je les ai jamais vus et savent très bien pour qui travaille en réalité ce messager.

Urvyn hocha la tête, mais son visage se referma encore plus. Hywyt eut une grimace intérieure. Ce n’était pas tant la réaction des hommes qui tracassait son second que la sienne propre.

— Faites venir trois quarts bâbord, je vous prie, lieutenant, lança Hywyt avec un peu plus de solennité que de coutume. Préparonsnous à intercepter ce bâtiment.

— À vos ordres, capitaine.

L’inquiétude d’Urvyn se lut sur son visage, mais il salua son supérieur et transmit ses ordres au timonier, tandis que le reste de l’équipage se précipitait sur les bras et les écoutes dans un crépitement de pieds nus sur le bois du pont.

La Déferlante changea de cap pour fendre les flots au plus près bâbord amures. Hywyt ressentit une bouffée de plaisir en sentant son navire répondre à la barre. La gracieuse goélette à deux mâts et pont entier mesurait un peu plus de quatre-vingt-quinze pieds de long à la flottaison et était armée de quatorze caronades de trente livres. Au contraire des autres navires de la flotte, la Déferlante avait été intégralement conçue et construite en tant que croiseur léger destiné à la Marine royale de Charis. Son gréement révolutionnaire la rendait plus rapide et plus fine au près serré que tous les voiliers jamais observés et encore moins commandés –par Hywyt. Depuis la bataille de l’anse de Darcos, elle avait déjà fait pas moins de sept prises dans les eaux esméraldiennes, soit près de la moitié de celles de toute l’escadre du blocus réunie. C’était tout l’avantage de manœuvrer un navire meilleur marcheur et boulinier que les autres. En outre, le doux tintement des écus tombant dans leur escarcelle avait aidé ses hommes à surmonter leurs derniers scrupules. Ils étaient charisiens, après tout, se rappela-t-il avec amusement. Les nombreux détracteurs de leur pays l’appelaient souvent le « royaume des boutiquiers et des usuriers », et ce bien sûr sans une trace d’approbation. Témoin depuis tant d’années de cette jalousie rancunière, Hywyt devait admettre que tout n’était pas faux dans le stéréotype du Charisien toujours à la recherche de nouveaux moyens de prospérer.

Et nous sommes plutôt bons à ce jeu, pas vrai ? se dit-il en sentant un sourire se dessiner sur son visage tandis que se rapprochait inexorablement l’aviso battant pavillon vert foncé.

Il n’aurait pas juré que ce navire venait de Corisande, mais aucune autre explication ne semblait très crédible. Pour croiser dans les parages, il avait de toute évidence traversé l’anse des Dauphins, entre Émeraude et Cours-d’Argent, forcément en provenance de la mer de Zebediah. Aucune unité venue de Havre ou de Howard ne serait passée par là. Or Hywyt doutait que Sharleyan de Chisholm nourrisse des velléités de correspondance avec Nahrmahn d’Émeraude en ce moment. Enfin, à en juger par la discrétion recherchée en se glissant dans le détroit séparant l’île de Callie de la côte esméraldienne, cette galère n’avait pas du tout envie d’attirer l’attention de l’escadre du blocus.

Par malheur pour elle, elle avait tout de même été repérée, et il était évident malgré ses lignes élégantes qu’elle était beaucoup plus lente que la Déferlante dans les présentes conditions de navigation.

— Branle-bas de combat ! lança-t-il avant de regarder l’écart se réduire entre les deux navires tandis que résonnait le battement du tambour.

Rahss Sawal fit son possible pour ne pas jurer en voyant la goélette charisienne fondre sur sa galère. De toute évidence, les informations dont il disposait étaient encore plus périmées qu’il le craignait au moment où le délégué archiépiscopal Thomys lui avait remis ses instructions. Il ne s’était pas attendu à tomber sur des navires de guerre charisiens en pleine baie d’Eraystor. Cela étant, il n’aurait jamais imaginé non plus voir le drapeau à kraken d’or sur fond noir de Charis flotter au-dessus de ce qui était naguère la forteresse esméraldienne de l’île de Callie.

La présence des bâtiments charisiens était la preuve indiscutable de la totalité de leur victoire dans l’anse de Darcos. L’étendue réelle de la défaite de la flotte alliée était encore incertaine quand Sawal avait quitté Manchyr. Qu’elle ait été écrasante ne faisait aucun doute, mais tout le monde à Corisande se raccrochait à l’espoir que la majorité des bâtiments qui n’étaient pas revenus aient trouvé refuge en Émeraude, où ils aidaient désormais Nahrmahn à défendre les approches de sa capitale.

Manifestement non, se dit Sawal avec aigreur.

Il distinguait quatre unités à présent, en comptant la goélette qui avait mis le cap sur lui. Toutes arboraient les couleurs de Charis. Elles étaient largement déployées pour couvrir au maximum la surface de la baie. Jamais elles ne se seraient positionnées ainsi s’il existait la moindre possibilité que quelqu’un songe à les attaquer. En y ajoutant le fait que les fortifications insulaires visibles depuis sa dunette ne soient plus des bases esméraldiennes, mais charisiennes, il était flagrant qu’il ne fallait plus compter sur l’existence d’une « flotte alliée », et encore moins d’une force navale capable de défendre son mouillage.

Sawal n’avait encore vu aucune de ces nouvelles goélettes charisiennes. Il s’émerveilla de la capacité de ce voilier à remonter au vent, ainsi que de sa surface de toile et de la puissance de son gréement. Son propre navire avait le même nombre de mâts, mais les voiles de son ennemi devaient capturer deux fois plus d’air. La goélette disposait en outre de la stabilité et du tonnage nécessaires pour porter plus de toile. Aussi résistait-elle beaucoup mieux à ces conditions de navigation que sa pauvre galère.

Le nombre de sabords perçant sa muraille était tout aussi impressionnant. Sawal sentit les muscles de son abdomen se contracter lorsque l’extrémité trapue des canons en surgit.

— Mon père ?

Il se tourna vers son second. Son interpellation avait suffi à trahir son anxiété. Sawal n’aurait su lui en vouloir. Non pas qu’il ait la réponse à sa question muette.

— Nous verrons bien, frère Tymythy. Maintenez votre cap.

 

— Il ne change pas de cap, fit remarquer Urvyn.

Pour ce qui était d’enfoncer des portes ouvertes, on ne fait pas mieux, se dit Hywyt.

— Non, en effet, répondit le capitaine avec autant de retenue que possible.

L’écart diminuait sans cesse. Il n’était plus que d’à peine trois cents yards et se réduisait encore. Hywyt se demanda combien de temps son adversaire résisterait à ce qu’il espérait à l’évidence n’être qu’un coup de bluff de la part du navire charisien.

— Donnez instruction au maître canonnier de se tenir prêt à adresser un coup de semonce à cette galère.

Urvyn eut une hésitation. Un flottement infime, que quelqu’un d’autre n’aurait peut-être pas remarqué. Mais cet homme était l’officier en second de Hywyt depuis plus de six mois. L’espace d’un instant, le capitaine se crut dans l’obligation imminente de répéter son ordre, mais Urvyn finit par tourner lourdement les talons pour lever son porte-voix de cuir.

— Enseigne de vaisseau Charlz ! cria-t-il. Préparez-vous à adresser un coup de semonce à cette galère !

Le maître canonnier de la Déferlante lui répondit par un grand geste du bras.

 

— J’ai l’impression qu’il…

Le frère Tymythy ne termina pas sa phrase. C’était inutile. La violente détonation sèche d’un seul canon s’en chargea très efficacement. Sawal regarda le boulet fendre la crête des vagues avec la finesse de l’aileron d’un kraken en laissant derrière lui un mince sillage blanc.

— Il nous a tiré dessus ! s’exclama Tymythy d’une voix rendue stridente par l’indignation.

Il avait les yeux écarquillés, comme s’il était sincèrement stupéfait que des Charisiens aient osé insulter de la sorte l’Église Mère.

Peut-être l’était-il, du reste. Sawal, en revanche, découvrit qu’il ne partageait en rien sa surprise.

— En effet, lâcha le bas-prêtre avec un calme qu’il ne ressentait pas.

Je croyais qu’ils ne passeraient jamais à l’acte, rumina-t-il. J’en étais persuadé. Pourquoi ne suis-je donc pas plus étonné qu’ils aient franchi le pas ? C’est le début de la fin du monde, au nom du Tout-Puissant !

Il songea une fois de plus aux dépêches dont il était porteur, à qui elles étaient adressées, et pourquoi. Il réfléchit aux rumeurs qui couraient sur ce qu’espéraient en fait le prince Hektor et ses alliés, sur les récompenses que leur avait promises l’Église.

Non, pas l’Église, se reprit-il. Les Chevaliers des Terres du Temple. Nuance !

Pourtant, il avait beau se répéter cette distinction, il savait que ce n’était pas si simple. Malgré les différences juridiques et théoriques séparant les deux entités, rien n’était si tranché. C’était justement cela, comprit-il avec désespoir, qui expliquait son absence de surprise.

Il n’arrivait toujours pas à mettre des mots sur ce qu’il ressentait à regarder la vérité en face, mais il le savait. Quelle qu’ait pu être la situation avant l’assaut massif lancé par le prince Hektor et ses alliés sur Charis, les sujets de ce royaume savaient aussi bien que Sawal qui était à l’origine de cette agression. Ils n’ignoraient rien des calculs cyniques et de l’arrogance qui avaient présidé à cette volonté désinvolte de détruire tout un pays dans le sang et le feu. Le « Groupe des quatre » était sorti de l’ombre. Ce qu’il avait envisagé comme la simple élimination d’un petit royaume gênant avait fini par prendre une tout autre dimension.

Charis connaissait depuis le début l’identité de son ennemi réel. C’était précisément ce qui expliquait pourquoi ce bâtiment se montrait capable de tirer sur le drapeau de l’Église de Dieu.

La goélette était toute proche désormais, à la gîte sous la pression du vent sur son gréement démesuré, son étrave festonnée d’écume et d’embruns étincelant au soleil tels des joyaux multicolores. Sawal distingua les premières silhouettes derrière les modestes pavois, l’uniforme du capitaine à l’arrière, près de la barre, les servants de la pièce de chasse qui rechargeaient leur arme sur la joue tribord. Il considéra les maigres voiles de son propre vaisseau, puis la grâce de kraken de son poursuivant et prit une profonde inspiration.

— Amenez nos couleurs, frère Tymythy.

— Mon père ?

Son second le dévisagea comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.

— Amenez nos couleurs ! répéta-t-il avec plus de fermeté.

— Mais… mais le délégué archiépis…

— Amenez nos couleurs ! gronda Sawal.

Un instant, il crut son subordonné capable de refuser. Tymythy savait aussi bien que lui quels étaient leurs ordres. Toutefois, il était plus facile à un évêque d’ordonner à un bas-prêtre de préserver « coûte que coûte » l’autorité de l’Église Mère qu’au père Rahss Sawal d’entraîner dans un vain entêtement la mort de tout son équipage.

Si nous avions encore une chance de remettre nos missives à qui de droit, je ne me rendrais pas, songea-t-il en se soupçonnant de se mentir à lui-même, mais il est évident que nous ne pourrons pas leur échapper. Si ces gens sont aussi déterminés à nous tirer dessus que je le crois, ils feront des cure-dents de cette galère en une seule bordée, deux tout au plus. Il ne servirait à rien de nous faire ainsi massacrer, d’autant que nous ne sommes même pas armés.

Le pavillon qui ne s’était avant ce jour jamais incliné devant un quelconque pouvoir mortel descendit de la tête de mât de l’aviso. Face à ce spectacle, Sawal sentit la moelle de ses os se figer comme sous l’action d’un vent glacial.

C’était bien peu de chose que ce bout de tissu brodé. Mais c’était toujours ainsi que débutaient les grandes catastrophes, non ? Par d’humbles détails, les premières pierres d’un éboulis.

Peut-être aurais-je dû les pousser à nous tirer dessus. Dès lors, toute ambiguïté aurait été levée. Si Charis est prête à défier ouvertement l’Église Mère, quelques morts dans les rangs de celle-ci l’auraient sans doute aidée à le comprendre.

Peut-être, mais Sawal était un prêtre et non un soldat. Il lui était impossible de déchaîner une telle violence. En outre, se répétait-il, le simple fait que Charis ait ouvert le feu sur le drapeau de la sainte Église de Dieu devrait suffire largement, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter l’assassinat de ses hommes.

Cela suffirait, sans aucun doute. Et pourtant, alors même qu’il s’efforçait de s’en persuader, il savait qu’il se trompait.

Les vies qu’il venait de sauver seraient aussi insignifiantes que des graines de moutarde emportées par un ouragan face aux abominables montagnes de mort qui se profilaient à l’horizon immédiat.

L'alliance des hérétiques
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